Bleu comme nulle part ailleurs.

J’avais besoin de bleu. J’avais besoin de cette fraîcheur. J’avais besoin d’océan.

J’ai grandi sur les bords de la Méditerranée, dans un monde bien différent du littoral atlantique. Un monde où le bleu est plus ensoleillé, plus clinquant, plus lumineux.

Puis je suis arrivée là, en Loire Atlantique. Un an, deux ans… puis trois et quatre. Le temps d’apprivoiser l’océan.

Je l’avais imaginé plus gris, plus glacial, plus impersonnel que la Méditerranée de mon enfance. Je l’avais imaginé moins attachant.

Et voilà qu’il me manque ! Car en vérité, il est loin d’être gris, glacial ou impersonnel. Quand la Méditerranée mélange son bleu à l’or, au rose ou au terre de sienne, lui joue l’exclusivité. Simplement, il arbore une palette de bleus comme nulle part ailleurs, du plus clair au plus foncé, tirant sur le blanc ou l’anthracite, teinté de vert ou d’indigo. Ce qu’il me reste aujourd’hui de l’Atlantique, c’est cet immensément bleu. Et qu’est-ce que l’immensément bleu sinon une certaine sérénité ?

Oui, c’est cela qu’il me reste de l’océan, la sérénité. Je voudrais à cet instant être à nouveau sur ses rivages, retrouver ses pinèdes, les herbes échevelées de ses plages, son sable clair jonché de coquillages et… l’immensément bleu. Et j’y retournerai bientôt, car je sais que désormais où se cache la sérénité.

Luna Raffalli et Emmanuelle
Le Croisic, Photo Luna Raffalli
Le Croisic. Photo Luna Raffalli